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L’utilisation des poissons-appâts ou menés pour la pêche sportive, fait l’objet de toute cette controverse.

Les menés de la discorde
Une pétition et un site web pour contrer la désinformation

Denis-Charles Drapeau

La grogne se fait de plus en plus sentir auprès de l’administration de l’Association de chasse et pêche de Contrecoeur. Selon eux, le Ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs s’apprête à faire adopter un règlement qui mettrait en péril l’avenir de la pêche blanche en tant qu’activité familiale dans le sud de la province. Le Contrecourant.com a rencontré monsieur David Joly, trésorier de l’Association de chasse et pêche de Contrecoeur afin d’en savoir plus.

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Un sondage biaisé

Rappelons que le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a lancé au mois de décembre dernier, un sondage grand public, afin de connaître l’opinion des pêcheurs du Québec sur l’utilisation des poissons-appâts, communément appelé la pêche au mené. À l’évidence, le ton et l’axe de communication étaient clairement tendancieux, comme le mentionne M. Joly.

«Cela nous fait réagir parce que nous n’avons pas perçu ce geste comme un sondage, mais plutôt une «intervention dirigée» afin d’associer la pêche au mené, à l’infestation d’espèces envahissantes au Québec. C’est en discutant avec d’autres associations de chasseurs et pêcheurs, que nous avons appris qu’il y a des tractations dans le but de créer un règlement visant à interdire complètement l’utilisation de poissons-appât morts ou vivants au Québec».

Une vision négative de l’industrie du mené

Selon M. Joly, leur exaspération tire principalement sa source aussi dans la manière que le MFFP communique et informe la population sur l’industrie des menés. «Les seules informations que le Ministère fait circuler sur le sujet ont toujours une connotation négative, en associant cela aux espèces envahissantes et autres maladies qui sont susceptibles d’être transférées un peu partout! Nous croyons que ce n’est pas la bonne façon de représenter l’industrie des menés auprès du grand public».

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Monsieur David Joly, un des instigateurs du mouvement menés.québec et trésorier de l’Association de chasse et pêche de Contrecoeur : «Une chose plutôt surprenante à propos de notre distributeur, c’est qu’il est obligé de faire le tri directement sur l’eau, car il n’a pas le droit de les déplacer et il est obligé de remettre les espèces envahissantes dans le cours d’eau, au lieu des détruire».

Vestiges d’une autre époque

«Il faut dire qu’il fut un temps où la traçabilité des menés était relative et c’est la raison pour laquelle nous faisons affaire avec un distributeur agréé qui respecte les règles mises en place par le Ministère en 2003. Nous-mêmes, trions nos menés afin de nous assurer que nous donnons des espèces que nous avons droit. D’ailleurs, nous détenons un permis du MFFP, notre distributeur aussi», tient à préciser M. Joly.

Une pression indue de la part du MFFP

Or, selon l’Association, les inspecteurs effectuent des visites impromptues depuis deux ans à la roulotte située à la descente du Parc Joseph-É.-Chaput de Contrecoeur. Il s’agit d’un biologiste et de deux agents de la faune qui passent la journée à vérifier un après l’autre tous les menés, pour s’assurer que les bassins ne contiennent aucune d’espèce envahissante. «Même quand on respecte à la lettre la réglementation, on ne trouve pas beaucoup de collaboration de la part du Ministère», s’insurge M. Joly.

Un impact considérable sur l’activité de pêche blanche à Contrecoeur

«Si le règlement passe, ça va tuer un village de pêche de 350 à 400 cabanes! Vous savez, nous pouvons attirer plus de 2 000 personnes lors d’un tournoi familial. Et lorsque l’on parle aux gens de Venise-en-Québec, c’est la même chose, ça va tuer l’industrie!»

Si on se rappelle bien, la région du lac Saint-Pierre avait encaissé un dur coup lors de l’interdiction de l’utilisation de menés vivants il y a quelques années. «Même s’ils ont gardé le droit d’utiliser des menés morts, il y a beaucoup de pêcheurs de la région de Sorel qui sont venus ici! La raison est fort simple. Au Québec nous avons une tradition de pêcher à la brimbale et cette dernière, ne se prête pas très bien à l’utilisation des vers de terre», nous dit M. Joly.

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Un site web pour montrer l’autre côté de la médaille

«Nous avons décidé de mettre sur pied une pétition pour montrer que nous ne sommes pas d’accord, mais aussi pour contrebalancer la mauvaise image que le Ministère projette de la pêche au mené. Donc, nous allons contribuer à générer du contenu qui va expliquer la façon dont se fait légalement la pêche aux menés au Québec. Nous allons montrer toute la chaîne d’approvisionnement, tout le processus jusqu’au bout de l’hameçon. De cette façon, nous pourrons voir le cas typique de monsieur Jonathan Rondeau, pêcheur commercial et père de famille, qui risque de perdre son gagne-pain opéré depuis plusieurs générations à cause de gens au Ministère qui ont décidé d’interdire la pêche au mené au Québec».

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L’Association de chasse et pêche de Contrecoeur invite à partager avec eux vos histoires de pêche blanche. Facebook : @acpcontrecoeur

Le but de la pétition

Pour le mouvement menés.québec, le minimum serait de garder les règles actuelles en vigueur depuis 2003. Ils se disent disposés à travailler en collaboration avec le MFFP, si ce dernier fait preuve de bonne foi. Selon M. Joly, ils souhaitent standardiser définitivement la pratique de l’industrie et une des avenues possibles, serait éventuellement faire des cahiers de charges par exemple.

Une industrie livrée à elle-même

D’ailleurs, le trésorier de l’Association de chasse et pêche de Contrecoeur nous apprend qu’en ce moment, le MFFP laisse le soin aux distributeurs de trouver eux-mêmes les méthodes pour respecter la réglementation. «Avec les pressions qu’il exerce et sans le soutien du Ministère dans la méthodologie, les conditions de travail des pêcheurs commerciaux deviennent complètement exécrables! Alors, imaginez-vous, être obligé de trier vos menés directement sur l’eau à -15 degrés, car la réglementation vous interdit bouger les menés de l’endroit où ils ont été capturés.»

Le paradoxe du MFFP

«Nous trouvons très paradoxal de la part du Ministère d’associer aussi directement les pêcheurs avec les espèces envahissantes… Car il oblige les pêcheurs commerciaux à remettre les dîtes espèces envahissantes, dans le cours d’eau où elles ont été capturées, quand les pêcheurs commerciaux auraient tout intérêt à les enlever et les détruire!», nous fait remarquer M. Joly.

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La pêche blanche au Québec : une tradition de pêche à la brimbale (Source photo: ACPC)

Interpeller le ministre Blanchette

«En fait, nous souhaitons que ce mouvement et que cette pétition se rende jusqu’au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, monsieur Luc Blanchette, et de le sensibiliser par rapport à tout ça… Parce que l’on n’est pas sûr que la bonne information se rende jusqu’en haut! De plus, on veut travailler avec les différents députés des différentes régions, parce que l’industrie de la pêche blanche ne concerne pas seulement les pêcheurs de Contrecoeur. D’ailleurs, nous remercions le député Stéphane Bergeron de Verchères pour son implication et qui a rendu possible cette pétition à l’Assemblée nationale.»

Plusieurs appuis

Outre l’appui du député local, le mouvement menés.québec peut compter sur la collaboration de plusieurs associations, dont celle des pourvoiries du Québec qui n’hésiteront pas à distribuer la pétition auprès de leur clientèle. Par ailleurs, M. Joly affirme être en contact étroit avec la Fédération québécoise des Chasseurs et Pêcheurs.

Afin de préserver une tradition familiale

L’Association de chasse et pêche de Contrecoeur invite la population à signer la pétition en ligne ou sur place et à partager avec eux vos histoires de pêche blanche, afin de démontrer au ministre qu’il s’agit réellement d’une activité familiale. Du même souffle, M. Joly invite aussi les gens à visiter le site web et la page Facebook du mouvement menés.québec pour en apprendre davantage sur cette industrie méconnue de la pêche au mené.

Pétition pour le maintien de la réglementation en vigueur relativement à la pêche aux poissons-appâts vivants

Le site menés.quebec est une initiative du regroupement des distributeurs et détaillants de poissons-appâts: www.menes.quebec

L’Association de chasse et pêche de Contrecoeur :
450-401-0602
peche@acpcontrecoeur.com
www.acpcontrecoeur.com
Facebook : @acpcontrecoeur
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