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Le Contre-courant

Les bonnes pratiques agroenvironnementales sont une passion pour Paul Caplette de l’entreprise Céréales Bellevue, à Saint-Robert. Il montre ici au député de Richelieu, Sylvain Rochon, l’efficacité d’ouvrages appelés « seuils de dissipation d’énergie » pour ralentir la vitesse de l’eau.

Vision Lavallière 2025
« Il faut donner une chance à ce projet ambitieux et inspirant de réussir ! » -Sylvain Rochon

Le député de Richelieu à l’Assemblée nationale, Sylvain Rochon, appelle à une analyse prudente des constats et des conclusions de l’étude hydrologique réalisée pour le compte du Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFP) sur la Baie Lavallière et le bassin versant de la rivière Pot‐au‐Beurre. Il invite à considérer avec recul le contenu de cette étude, soulignant que le projet « Vision Lavallière 2025 » de l’UPA Montérégie peut agir favorablement sur les phénomènes perturbateurs observés. « Il y a, dans le projet Vision Lavallière 2025, affirme le député, l’agriculture de demain. Il est ambitieux, inspirant et il faut lui donner la chance de réussir ».

Projet collectif s’étant valu l’engagement de 78% des producteurs agricoles concernés, du jamais vu pour ce type d’initiative agro-environnementale, Vision Lavallière 2025 veut instaurer, dans le bassin versant de la baie, des pratiques permettant de minimiser significativement les impacts de l’agriculture sur le milieu naturel, le dépôt de sédiments dans le bassin hydrographique étant particulièrement visé.

Dans le dossier de la Baie Lavallière, trois objectifs guident le député de Richelieu :

  • La préservation du gagne-pain des producteurs agricoles;
  • La préservation du milieu naturel;
  • La prise en compte de l’apport économique tant des activités agricoles que récréotouristiques, dont la région ne peut se priver.

C’est, en un mot, à l’enseigne de la « cohabitation » que loge Sylvain Rochon, une cohabitation « éclairée et respectueuse profitant des solutions qui se profilent dont il serait irresponsable de ne pas tenir compte ». Il y a ainsi lieu, pour Sylvain Rochon, d’inscrire plusieurs des constats de l’étude du MFP dans une perspective nettement plus optimiste. L’étude insiste, par exemple, sur le fait que la digue n’a presque aucun effet sur les inondations non printanières, celles-ci résultant plutôt d’une hausse du niveau du fleuve. Elle le fait probablement parce que l’UPA réclamait de l’enlever, et que ces événements sont beaucoup plus fréquents que ceux attribuables aux épisodes de pluie importante (voir page 25 de l’étude). Par contre, et c’est très important, l’étude affirme aussi qu’un dragage d’entretien de la rivière Pot-au-Beurre permettrait en moyenne de faire passer la durée d’une inondation de trois journées à une journée seulement pour les pluies qui affectent la zone de récurrence 0-2 ans, et de trois journées à zéro dans le cas de la Petite Pot-au-Beurre (pages 29, 30 et 31). Il s’agit d’une différence énorme d’un point de vue agronomique.

Le député Sylvain Rochon en compagnie de Paul Messier de la SABL, avec vue sur la Baie Lavallière.

De telles diminutions dans la durée des inondations offriraient aux producteurs agricoles de la Baie Lavallière une fenêtre d’opportunité suffisante pour ensemencer leurs champs à des dates suffisamment hâtives le printemps pour que les rendements à l’automne soient intéressants, ce qui est de moins en moins le cas. Les producteurs agricoles que le député a rencontrés insistent beaucoup sur ce fait.

L’étude estime les coûts d’une opération de dragage réalisée dans le respect des normes environnementales à 3 M$ et qu’elle serait à refaire, en tenant compte des pratiques culturales actuelles, au bout de 14 ans. Elle ne manque toutefois pas de signaler (page 74)  que « les résultats du modèle considérant les mesures d’atténuation de l’érosion au sol montrent que de telles mesures permettraient de diminuer la fréquence des travaux de nettoyage pour passer de 14 ans à environ 25 ans … ». Auparavant, l’étude précise, au sujet du dragage (page 35), que « … si cet axe de solution est retenu, il devra être intégré à une démarche globale visant à réduire les apports en sédiments dans le marais … ».

« Trois millions de dollars sur 25 ans, pour s’assurer de la bonne santé financière de 12 entreprises agricoles, c’est 10 000 dollars par entreprise par année, moins de 1% de la prime qui sera accordée à Pierre Beaudoin pour présider le CA de Bombardier en 2016 ! », s’exclame Sylvain Rochon, qui ne détesterait par ailleurs pas l’idée que des travaux d’aménagement plus ciblés et de beaucoup moins grande envergure, pour les problèmes d’inondation les plus aigües, par exemple dans le cas de la terre de la famille Paul, puissent, dans l’attente d’une solution globale, faire l’objet d’une évaluation sérieuse.

On lui répète, d’autre part, que l’agriculture est le dernier rempart à l’envahissement de la Baie Lavallière par la phragmite, qui est une catastrophe pour la faune et la flore. Bien que l’étude (page 4) indique que la lutte contre l’envahissement de la baie par la phragmite constitue un objectif faunique pour favoriser la nidification de la sauvagine, aucune analyse ni remarque n’est faite dans le rapport sur le potentiel de l’activité agricole comme moyen de contrer ce fléau. « Est-ce que cette menace a été suffisamment prise au sérieux ? Il me semble que non », a poursuivi le député.

Sylvain Rochon trouve les producteurs agricoles bien avisés d’être prudents à l’égard des offres que leur fait le gouvernement en matière de rachat de terres ou de servitudes, surtout que l’étude hydrologique précise (page 83) que « … le rachat ou l’acquisition de servitudes d’inondation ne règle qu’une partie de la problématique et n’améliore qu’en partie la condition du marais. Cet axe de solution doit donc être étudié conjointement aux autres mesures de réduction d’apports et de transports de sédiments au marais ». « Les agriculteurs de la Baie Lavallière sont mieux placés que nous pour évaluer cette option puisque la décision très difficile de vendre ou pas une terre est liée à plusieurs considérations qui varient d’une entreprise à une autre. Je serai à leurs côté quelle que soit leur décision », les assure Sylvain Rochon.

Au plan environnemental, l’étude hydrologique réserve certaines surprises. Si le retrait de la digue n’y est pas présentée comme favorable, la mise en place d’une vanne de contrôle supplémentaire sur cette digue est identifiée comme porteuse d’un impact positif sur la faune aquatique. Le député appuie donc sans réserve cette demande des responsables de la Société d’aménagement de la Baie Lavallière.

La suite des choses

Le député ne compte pas demeurer les bras croisés avec le risque de voir s’envenimer la situation. « Je vais continuer à être proactif dans ce dossier. Je suis impatient de connaître l’évaluation que font l’UPA et la MRC Pierre-De Saurel de l’étude hydrologique et elles le savent. Il y a, chez la majorité des acteurs, une solide volonté de trouver les meilleures solutions dans ce dossier. Il faut saisir cette opportunité et agir en conséquence », a insisté Sylvain Rochon.

Le député conclu en faisant sienne la dernière phrase de l’étude hydrologique sur la Baie Lavallière : « Une collaboration entre les acteurs des différents milieux sera toutefois nécessaire afin d’assurer l’efficacité à long terme des différentes solutions possibles qui visent à mitiger les problématiques causées par les inondations et à valoriser l’environnement du marais ».
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