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Le Contre-courant

Reportage
Une expédition dans la Réserve nationale de faune des îles de Contrecoeur

Dès leur arrivée, l’équipe de biologistes se met en place afin d’opérer le plus efficacement possible.
Manon Boiteux, responsable du projet sur le Chevalier cuivré, Sophie Lemire, Msc. Biologiste, Directrice générale du Comité ZIP des seigneuries, Geneviève Mchugh, stagiaire et Ophélie Drevet, chargée de projet


Denis-Charles Drapeau
dcdrapeau@lecontrecourant.com

À part certains initiés et les chasseurs du coin, peu de gens savent que Contrecoeur possède un trésor pratiquement insoupçonné et pourtant juste sous nos yeux : la Réserve nationale de faune des îles de Contrecoeur.

LeContrecourant.com a été invité à accompagner des biologistes du Comité d’intervention prioritaire (ZIP) des Seigneuries en expédition dans les îles, afin d’en apprendre davantage sur ce joyau de la nature. Doté d’un permis spécial, un capitaine expérimenté nous guide dans les dédales de cette réserve naturelle.

«Cette semaine, nous devons faire la Réserve des îles de Contrecoeur qui part de l’île Saint-Ours en aval jusqu’à l’île des dragons en amont… Aujourd’hui, on se concentre sur les îles Duval et Ronde», nous dit notre capitaine, Stéphane Roy-Plante, propriétaire de GC Aventures.
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La mission

Dès leur arrivée, l’équipe de biologistes se met en place afin d’opérer le plus efficacement possible, car le temps leur est compté. «Sur 3 jours, nous devons faire le suivi de plantes envahissantes, comme le phragmite, communément appelé le roseau, ou la myriophylle à épis. Nous vérifions, s’il y a de nouvelles plantes envahissantes, le degré d’envahissement, s’il y a des espèces rares, des perturbations, etc. Ceci dans une vingtaine de parcelles qui font environ 50m. x 100 m.», explique la biologiste Sophie Lemire et directrice générale du Comité ZIP des seigneuries.

Un programme gouvernemental

Cette dernière nous explique que des prélèvements et des observations ont été faits depuis 2011 et la dernière fois remonte à 2014. «Originairement, c’était un programme d’Environnement Canada et cela a été repris par le provincial qui a mis en place plusieurs stations un peu partout sur le Fleuve, afin de faire un suivi de l’évolution à tous les niveaux», explique Mme Lemire.

Le batillage fluctue avec le niveau de l’eau et à tendance à déraciner les arbres et à les faire tomber.

Le haut niveau de l’eau

Selon les biologistes, avec le haut niveau de l’eau, on constate d’emblée qu’il y a des changements. De l’avis de Mme Lemire, il semble que pour les îles, il s’agit certainement d’une menace d’érosion, mais pour les milieux humides c’est plutôt positif. «D’ordre général, les milieux humides ont tendance à s’assécher dans le Fleuve. Ils deviennent des hauts marais, là où pousse le phragmite (roseau commun)».

La pause qui est imposée à notre guide, le temps des prélèvements, nous offre l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur les services de GC Aventures et la Réserve nationale. Tous deux ne sont que très peu connus!

Ce n’est pas facile de repérer les parcelles. Heureusement, il y a le GPS!
Le capitaine, Stéphane Roy-Plante et propriétaire de GC Aventures et Ophélie Drevet, chargée de projet, Comité ZIP des seigneuries

GC Aventures

Essentiellement, GC Aventures organise des expéditions guidées et loue des embarcations depuis 10 ans. «Généralement, je me promène entre Trois-Rivières et Beauharnois. Je guide des gens qui font des expéditions dans les îles de Repentigny principalement, souvent en lien avec la conservation de la nature. Par exemple, il y a une société protectrice des oiseaux, des biologistes d’Environnement Canada et aujourd’hui, il s’agit de la ZIP des Seigneuries», nous dit M. Roy-Plante.

Un guide d’expérience

«J’ai aidé mes parents à partir une marina en 1997, le port de plaisance de Contrecoeur… J’ai commencé avec un lot de kayaks de mer en location…aujourd’hui, j’ai deux entreprises saisonnières RP Nettoyeur de la mi-octobre à la mi-avril et GC Aventures en saison estivale où je j’accompagne des expéditions et de la location de toutes sortes d’embarcations»,

Les biologistes du Comité ZIP des Seigneuries à l’œuvre

La Réserve nationale de faune des îles de Contrecoeur

Sur le site d’Environnement Canada, on apprend la Réserve nationale de faune des îles de Contrecoeur est constituée de 22 îlots et d’îles basses entourées de marais et d’herbiers qui se répartissent sur 10 km le long du fleuve Saint-Laurent.

Particularités de la réserve

«Elle a été créée en 1981, en collaboration avec l’Association chasse et pêche, afin de permettre la pratiquer de la chasse aux canards. Cela avait pour but de protéger le canard Pillet qui était en voie d’extinction à l’époque. Il y avait la plus grande concentration d’individus au Canada ici dans les îles de Contrecoeur. À l’époque, les îles de Contrecoeur étaient très populaires, il y avait plusieurs îles qui comportaient des chalets. Je crois qu’il reste qu’une seule île privée, mais il ne reste aucun vestige de bâtiment», explique notre guide.

Un lieu protégé

«L’accès aux îles est désormais interdit en tout temps, le prélèvement est interdit, le camping aussi, il n’y a pas d’abattage d’animaux sur les îles, sauf en périphérie et seulement le temps de la chasse! Partout sur les îles, on peut voir des affiches du gouvernement qui interdit l’accès, donc ces îles sont protégées. C’est la raison pour laquelle nous avons une très grande biodiversité», renchérit M. Roy-Plante.

Partout sur les îles, on peut voir des affiches du gouvernement qui interdit l’accès aux îles.

Une oasis

«On peut y observer de magnifiques plantes comme de belles sagittaires aux fleurs jaunes!» rajoute M. Lemire. «Il s’agit véritablement d’une oasis dans le désert pour la faune et la flore, car d’une île à l’autre, cela est très similaire. Mais ici, il y a quand même quelque chose de particulier. Ne serait-ce que de de par la superficie de l’aire protégée, qui fait en sorte que c’est plus riche en biodiversité. Il faut dire que les îles du Fleuve sont les derniers vestiges des milieux humides d’autrefois!»

La proximité

«Pour les ornithologues amateurs, c’est fantastique! C’est un des nombreux arrêts sur le Fleuve comme les îles de Boucherville, les îles de la Paix à Beauharnois ou encore le lac Saint-Pierre qui est une réserve de la biosphère… L’avantage de Contrecoeur, c’est la proximité avec les animaux, car même à partir du quai de Contrecoeur on peut y voir des bernaches, des balbuzards, de grands hérons… il y a une densité de présence animale que l’on trouve difficilement ailleurs», s’émerveille encore notre guide chevronné.

L’avantage de Contrecoeur, c’est la proximité avec les animaux, car même à partir du quai de Contrecoeur on peut y voir des bernaches, des balbuzards, de grands hérons…

Une expédition dans les îles

Selon M. Roy-Plante, lorsque l’on fait une expédition dans les îles, qui dure environ 2,5 ou 3 heures, on voit une très grande variété et une grande quantité d’oiseaux. Les plus chanceux pourraient apercevoir des castors.

«En fait, avec GC Aventures vous pouvez explorer les îles et les alentours à votre façon, car il y a des kayaks de mer, des canots, des chaloupes avec ou sans moteur pour les gens qui n’ont pas de permis d’embarcation. Pour ceux qui en possède un, vous avez accès à des moteurs de 25hp à 260hp, zodiac, ponton, cruisers, et un voilier pour l’année prochaine!»

Hutte de castors

De grandes menaces

Même s’il s’agit d’une réserve, les îles ne sont pas à l’abri pour autant. Le batillage est le déferlement de vagues provenant du sillage d’un bateau et peut entrainer l’érosion de ses berges. Le batillage fluctue avec le niveau de l’eau et à tendance à déraciner les arbres et à les faire tomber.

«Il y a des endroits où les chenaux de navigation se situent près des îles en dessous de 300 m, cela crée énormément d’érosion! Cette année l’eau est haute, donc, il y a beaucoup d’arbres qui étaient sains l’an passé et qui aujourd’hui ont disparu, ou ont les racines à nu. Quant au contrôle du phragmite, il semble qu’il est très difficile à faire… il y a des souhaits, mais il y a une certaine impuissance», déplore la biologiste.

Bernaches du Canada, un des nombreux oiseaux observables dans les îles.

Conseils aux…

Mme Lemire croit que certains gestes simples peuvent être posés afin de contribuer à la préservation de cette richesse naturelle.

Aux plaisanciers

Selon elle, il faut porter une attention aux herbiers lorsque vient le temps de jeter l’ancre, afin d’éviter d’arracher les plantes aquatiques. Aussi, il est important de respecter la réglementation en vigueur concernant l’interdiction de débarquer, car cela peut déranger les oiseaux nicheurs et les forcer à abandonner leurs petits. Il faut bannir à tout prix la coupe à nu, car le sol devient facilement colonisable par le phragmite.

Du même souffle, elle nous rappelle que ce n’est pas parce qu’un bateau se déplace à basse vitesse qu’il ne fait pas de grosses vagues. Il est préférable d’observer la position de la coque et ainsi trouver la vitesse optimale lorsque l’on circule près des îles.

Les chasseurs doivent éviter de se faire des caches avec les roseaux communs (phragmite).

Aux chasseurs

Afin de nuire le moins possible à la qualité de la Réserve, on invite les chasseurs à ramasser leurs cartouches et bannir l’utilisation des plombs, car ces contaminants se retrouvent dans l’environnement. De plus, les chasseurs doivent éviter de se faire des caches avec les roseaux communs (phragmite), car cela propage leurs semences et compromet, par le fait même, l’avenir des canards dans la région. En effet, la densité des roseaux communs est telle que, comparés à des quenouilles, qui offrent de l’espace entre les plans, les canards ne peuvent pratiquement pas évoluer dans cet environnement compact et nichent nécessairement ailleurs.

Une chance inouïe!

Certains y chassent, y pêchent, d’autres y font du paddle board, ou de l’ornithologie amateur. Peu importe la façon dont vous profitez des îles, l’important est de respecter cette aire protégée, afin d’en faire bénéficier les générations futures.

Sommes toutes, nous pouvons nous considérer extrêmement chanceux d’avoir accès en une portée de pagaie à cette riche biodiversité que sont les îles des Contrecoeur. Nous sommes d’autant plus chanceux d’avoir des gens qui en prennent soin et qui la valorise comme les biologistes du Comité ZIP des Seigneuries et les gens de chez GC Aventures!

Pour plus d’informations:

Comité ZIP des Seigneuries 
GC Aventures

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