Sélectionner une page

Le Contre-courant

.


Les chroniques de Katlitout
Ces liens qui nous séparent

Auteure : Ann Brashares

Ann Brashares est surtout connue pour ses séries cultes dédiées aux adolescents. Quatre filles et un jean, dont le premier tome a été publié en 2001 et porté à l’écran en 2005 a obtenu un succès planétaire. La famille, l’amitié, l’amour et la destinée sont les thèmes de prédilection de l’auteure née en Virginie et le roman Ces liens qui nous séparent n’échappe pas à la règle.

Sasha et Ray ne se sont jamais rencontrés, mais ils ont pourtant l’impression de se connaître. Depuis 17 ans, ils partagent la même maison d’été, à Wainscoat au Long Island, la même chambre, le même lit, les mêmes livres, et les mêmes sœurs Emma, Quinn et Mattie, mais aucun lien sanguin ne les unit. C’est que, Lila, la mère de Ray, et Robert, le père de Sasha, ont été mariés jadis. Aujourd’hui, Lila et Robert s’évitent, se détestent et ils ont refait leur vie : de ces deux unions respectives sont nés Sasha et Ray qui partagent donc trois sœurs, mais ensemble ils ne sont rien d’autre que le produit d’un divorce houleux.
.

L’été, donc, les deux familles s’échangent la maison que Lila et Robert refusent de céder à l’autre. La règle est claire : ne JAMAIS se croiser : «C’était la loi impérieuse du dimanche de ne jamais quitter la maison passée onze heure et quart et de ne jamais arriver avant une heure moins le quart. Ainsi, ils n’avaient aucun risque de croiser les autres.¹» C’est ce qui explique pourquoi Sasha et Ray n’ont jamais la chance de se croiser. Mais les choses vont vraisemblablement changer parce qu’Emma prépare son mariage avec Jamie et qu’elle souhaite réunir les deux familles. C’est l’occasion idéale, selon elle, d’enterrer la hache de guerre et de pardonner les vieilles rancœurs. Du moins l’espère-t-elle au plus profond d’elle-même. Alors que tous ne sont pas très chaud à l’idée de cette réunion familiale, Sasha et Ray, eux, de leur côté, ne tiennent plus en place. Mais les deux ex-époux n’ont pas dit leurs derniers mots et le destin non plus. Le moment, qui devait s’avérer magique, tourne au vinaigre et un événement tragique viendra bouleverser leur univers à tous. «Les vraies tragédies arrivent en cinq secondes, cinq mots. Elles attendent qu’on soit coincé dans un bouchon au milieu d’un stupide tunnel pour vous éclater la tête. Elles arrachent ce que vous aimez et vous laissent les mains vides.²»

Après cet événement, les deux familles seront transformées à jamais, mais parfois les malheurs ont cette capacité de rapprocher les gens et leur permettre de puiser dans la force de chacun pour être en mesure de guérir ensemble. Dans ce malheur, Ray et Sasha continueront de partager ce lien si fort qui les unit et les séparent à la fois. Dans ce malheur, ils seront tellement connectés l’un à l’autre qu’ils en ressentiront les mêmes émotions, la même souffrance :

«Elle eut le courage de le regarder dans les yeux et il se perdit dans les siens. Voyant son chagrin, il ne put se retenir plus longtemps. Son visage se décomposa, le sien aussi […] il pleura. À un moment, elle s’écroula et ils s’allongèrent dans l’herbe. Ils demeurèrent ainsi longuement, dans les bras l’un de l’autre. Ses sanglots répondaient aux siens.³»

Malgré les événements et la douleur, malgré la découverte de secrets de famille bien enfouis, Sasha et Ray auront-ils droit au bonheur ? Mais surtout, auront-ils le droit de partager enfin cette vie qui les a toujours tenus à l’écart l’un de l’autre?

Malgré le fait que le roman s’adresse à une clientèle jeune adulte, ce roman plaira sans aucun doute à un cercle plus large de lecteurs puisqu’il aborde les thèmes universels de l’amour, de ce qui éloigne les familles, mais de ce qui les rapproche aussi. En somme, un beau roman à lire par une chaude journée d’été ou encore un roman réconfortant à découvrir lors d’une froide journée de janvier
____________________________________________
1. Ces liens qui nous séparent, Ann Brashares, p. 14
2. Ces liens qui nous séparent, Ann Brashares, p. 273
3. Ces liens qui nous séparent, Ann Brashares, p. 284

Kathleen Gaumont
Chroniqueuse littéraire


.
cote_final


Pour ne rien manquer des nouvelles hyperlocales du www.lecontrecourant.com, aimez notre page Facebook et inscrivez-vous au Contre-courriel !

Vous pourriez aimer aussi :

Share This