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Le Contre-courant
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Chronique habitation et urbanisme
Vermiculite-Zonolite

Michel Rioux

La vermiculite est un minerai dont la teinte varie de l’argent-or au gris-brun. Elle est plate et brillante à l’état naturel. Lorsqu’elle est chauffée à environ 1 000 °C, elle éclate ou se gonfle (comme du pop corn), ce qui crée des poches d’air. C’est précisément cette propriété, combinée au fait qu’elle ne brûle pas, qui a fait d’elle un matériau adéquat pour l’isolation.

La vermiculite ne constitue pas en elle-même un risque pour la santé. Toutefois, certains isolants de vermiculite contiennent des fibres d’amiante, lesquelles peuvent entraîner des problèmes si elles sont inhalées. Tant que ce type d’isolant de vermiculite demeure bien en place derrière des murs intacts ou dans les greniers et n’est pas aéroporté, il ne devrait pas y avoir lieu de s’inquiéter. En fait, c’est l’isolant ZonoliteMD Attic Insulation qui suscite des préoccupations. Cet isolant était vendu au Canada sous le nom de ZonoliteMD, et la vermiculite qu’il contenait provenait de la mine Libby située au Montana, aux États-Unis. Cette mine renfermait un dépôt naturel d’amiante, ce qui a eu pour effet de contaminer la vermiculite qui y était extraite. La vermiculite issue de la mine Libby n’est plus sur le marché canadien depuis plus de dix ans. Les isolants de vermiculite vendus au Canada avant 1990 ne contiennent pas tous des fibres d’amiante. Toutefois, si vous croyez que votre maison pourrait être isolée avec de la vermiculite, il est raisonnable de croire que celle-ci est peut-être contaminée par de l’amiante.
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Néanmoins, la vermiculite contaminée à l’amiante ne présente pas réellement de danger si elle reste confinée et si elle n’est pas déplacée, car le risque de contamination est minime si les fibres d’amiante ne sont pas libérées dans l’air ambiant. Tant que la vermiculite reste bien en place derrière les murs ou dans votre grenier, vous n’avez pas à vous inquiéter sauf si vous songez vendre votre habitation, car cette situation risque fortement d’alarmer un éventuel acheteur et peut le cas échéant, être considéré comme un vice caché.

Pour savoir si l’isolant de vermiculite utilisé dans votre bâtiment est bien celui qui comporte des risques pour la santé, vous devez faire appel à un laboratoire spécialisé qui, à partir d’un échantillon d’isolant, peut déterminer le niveau de contamination à l’amiante. Il est aussi possible à partir d’échantillonnage de l’air ambiant de déterminer si des particules sont présentes dans les aires habitables de votre habitation cependant, cette catégorie d’expertise risque d’être beaucoup plus onéreuse.

Si vous avez décelé de la vermiculite chez vous, assurez-vous qu’il s’agit bien de vermiculite contaminée à l’amiante et le cas échéant, que l’espace où est situé l’isolant contaminé demeure confiné et surtout, limiter au maximum la circulation de l’air entre le grenier et le reste de la maison, par exemple par des fissures, interstices des conduits de ventilation, luminaires, plafonniers, trappe d’accès, etc. Il serait aussi plus prudent de ne rien entreposer au grenier et si vous devez y entrer, munissez-vous d’abord d’un masque respiratoire adéquat pour bien vous protéger contre les fibres d’amiante et idéalement, évitez d’y rester trop longtemps. Les risques associés à l’exposition à la vermiculite contenant de l’amiante varient selon le taux d’amiante dans l’isolant, la concentration des fibres dans l’air, la durée et la fréquence des expositions.

En cas d’exposition prolongée, l’inhalation de fibres d’amiante est très nocive et peut causer, selon les experts, des maladies pulmonaires graves. Ainsi, la vermiculite contaminée à l’amiante est associée au cancer du poumon, à l’amiantose et au mésothéliome.

Pour votre sécurité il est donc fortement recommandé de ne pas vous improviser expert en décontamination et malgré les coûts importants que cela puisse engendrer, confier ces éventuels travaux de décontamination à une firme possédant ce type d’expertise.

Michel Rioux

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