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Le Contre-courant

Chronique habitation et urbanisme
Problèmes d’humidité ou moisissure dans votre maison

Michel Rioux

Si vous pouvez identifier quelques-unes des situations suivantes, vous en avez potentiellement un !

A) Condensation et formation de givre sur le vitrage des fenêtres, sensation constante d’inconfort (vous avez froid même à votre degré de température idéale), petites tâches d’humidité sur les murs ou les plafonds, quelques moisissures apparentes dans la salle de bain ou au sous-sol, odeur de moisi,

B) Peau et lèvres gercées, nez sec et saignement du nez, ouvertures des lattes de bois du plancher; formation d’électricité statique, cette chronique est pour vous.

La température ambiante d’une maison et l’humidité relative sont grandement influencées par la température extérieure, à ce jour, peu d’études scientifiques ont été menées sur l’impact du niveau de température sur la santé des occupants d’une maison.
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Tout d’abord il faut savoir que l’humidité peut être relative ou absolue, l’humidité relative de l’air pourrait simplement se résumer à ceci : la capacité de l’air à contenir de la vapeur d’eau varie selon sa température. Plus l’air ambiant est chaud, plus sa capacité à contenir de la vapeur d’eau est grande. Par contre, plus l’air est froid, moins grande est sa capacité à contenir de la vapeur d’eau. Ainsi, une humidité relative de 50 % contient la moitié de la quantité de vapeur d’eau qu’il pourrait contenir.

Santé Canada recommande de maintenir un taux d’humidité relative compris entre 30 % et 55 % à l’intérieur d’un bâtiment, et ce durant toute l’année. Selon une enquête de Santé et Bien-être social Canada, environ 38 % des maisons au Canada éprouvent des problèmes d’humidité et/ou de moisissure. L’humidité se manifeste sous forme de vapeur d’eau dans l’air et elle peut une fois condensée, se transformer sous forme liquide au contact d’une surface froide. L’humidité apparaît alors sous forme de glace ou de givre dans des espaces et surfaces froides, on parle alors de point de rosée, c.-à-d. que la température à laquelle l’humidité contenue sous forme de vapeur d’eau dans une masse d’air commence à condenser en gouttelettes d’eau. Les problèmes reliés a une humidité relative est trop élevé peuvent donc apparaitre à 55 % et plus et à 30 % et moins.

Voici quelques exemples d’activités normales qui peuvent produire une certaine quantité de litres de vapeur d’eau dans l’air / semaine. La simple respiration des occupants pour une famille de quatre personnes ou, les activités domestiques normales (douche, cuissons, bains, lessives ) peut produite jusqu’à 30 à 40 litres de. Le séchage des matériaux de construction dans d’un bâtiment neuf peut en produire 25 à 45 litres pendant 18 mois; le séchage de la lessive suspendu à l’intérieur peut produire 10 à 15 litres. Pour savoir le taux d’humidité relative dans l’air, il suffit de se procurer un hygromètre, moins de 20 $ en quincaillerie.

Voici par ailleurs quelques légendes urbaines au sujet de l’humidité; les plinthes électriques n’assèchent pas l’air à l’intérieur d’un bâtiment; le syndrome du nez sec et des saignements de nez ne peut-être la conséquence d’un manque d’humidité et enfin, l’air humide n’est pas plus dispendieux à chauffer en hiver. La réalité, si le taux d’humidité relative dans un bâtiment est supérieur à 50 %, j’aurais à augmenter de 1 à 2 degrés Celsius pour abaisser l’humidité relative et retrouver le confort que j’obtiendrais sans un taux d’humidité élevé. Un bâtiment avec un air contenant un taux d’humidité élevé, est donc plus difficile et plus dispendieux à chauffer ou pour ressentir le même confort.

  • 70 % et plus: Sensation de lourdeur, inconfort, prolifération des virus et bactéries
  • 60 % et plus: Possibilité d’apparition de moisissures
  • 50 %: Confort, condensation sur les fenêtres tout l’hiver
  • 40 %: Sensation de peau sèche chez les personnes les plus sensibles
  • 30 %: Peau sèche, condensation sur les fenêtres à partir de – 18 ℃
  • 25 % et moins: Peau gercée, sinus irrités, yeux qui piquent et autres symptômes
  • 20 %: Aucune condensation sur les fenêtres, même à – 29 ℃

Plusieurs experts soutiennent que le taux idéal est de 30 %. Avec aussi peu d’humidité dans l’air, cependant, on se gratte la peau. Si vous êtes prêt à essuyer un peu de condensation sur le bas des fenêtres lors des journées les plus froides, vous serez très confortable à 40 %.

Les problèmes le plus couramment rapportés sont un taux d’humidité relative élevé en hiver qui occasionne de la condensation excessive dans les fenêtres, ou la présence de moisissure dans la demeure.

La condensation (eau ou glace) sur une fenêtre intérieure indique que la surface intérieure d’une fenêtre est froide, comme c’est le cas l’hiver, l’humidité contenue dans l’air ambiant se refroidit à son contact et condense, il y a alors plus de 100% d’humidité relative.  Plus la surface est froide, plus le taux d’humidité est élevé, plus la buée (condensation légère) fera place à de l’eau ou encore de la glace.

Ma prochaine chronique fera donc l’objet de cette problématique, mais surtout, comment réduire le taux d’humidité relative dans une habitation.

Michel Rioux,
Urbarch2020
Inspecteur en bâtiment
Consultant en architecture et urbanisme
urbarchgroup@gmail.com
514.909.3764
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