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Le Contre-courant

Des conditions socioéconomiques précaires en culture

Au cours de la dernière année, Culture Montérégie s’est penché sur les conditions socioéconomiques des artistes et des travailleurs culturels. Cette démarche constituait une suite logique pour cet organisme qui, depuis 1977, participe au développement des arts et de la culture en Montérégie, regroupe des artistes, des organismes et des travailleurs culturels, documente les enjeux et les problématiques de son milieu, favorise la consultation et la concertation.

Afin d’amorcer la réflexion, une recherche documentaire a été effectuée parmi de nombreuses études québécoises, canadiennes et internationales portant sur le sujet, de même que sur des facteurs qui y sont liés (financement public de la culture, philanthropie et économie de la culture). Le résultat est présenté aujourd’hui par Culture Montérégie dans le Document de réflexion sur les conditions socioéconomiques des artistes et des travailleurs culturels en Montérégie, qui permet de dégager certains constats peu réjouissants.

Sous le revenu moyen

« S’il est vrai que nous avions déjà une idée de la précarité de la situation des artistes et des travailleurs culturels, explique Nancy Bélanger, directrice générale de l’organisme, notre recherche révèle, sans ambiguïté possible, que leur situation est vraiment difficile. » Elle cite en exemple le revenu moyen des artistes et des travailleurs culturels plus bas que le revenu moyen de la population active, malgré un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne. « On constate, en plus, que le revenu tiré de la création ne représente, la plupart du temps, qu’une petite partie du revenu des artistes, et que ceux-ci se trouvent bien souvent dans l’obligation de cumuler plus d’un emploi. »

Comme en témoigne l’étude, cette précarité se trouve en outre amplifiée par le fait que les artistes et les travailleurs culturels sont généralement des travailleurs atypiques (plusieurs d’entre eux n’occupent pas un emploi salarié à temps plein), ce qui signifie, dans la plupart des cas, sans protection sociale ni avantages sociaux.
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D’autres facteurs importants

D’autres facteurs s’ajoutent à ceux directement liés à l’emploi pour influencer les conditions socioéconomiques difficiles du milieu culturel. « En Montérégie, les artistes peinent à trouver des locaux de création ou de production adéquats et abordables ou des lieux de diffusion professionnels, poursuit Nancy Bélanger. Inévitablement, la rareté de ces lieux nuit à l’avancement de la carrière. » Elle rappelle aussi que, par le passé, des analyses publiées par Culture Montérégie au sujet du financement public de la culture indiquaient une situation inéquitable pour la région, et que l’on voit, dans la présente étude, que cette situation se perpétue. « Bien que la région soit la deuxième plus peuplée du Québec, elle se trouve au 16e et avant-dernier rang en ce qui concerne le financement public de la culture, avec des montants bien en deçà de la moyenne québécoise, qui avoisine 70 $ par habitant, alors qu’en Montérégie ce montant est de 14,08 $. Cette situation a évidemment une incidence sur les conditions socioéconomiques des artistes et des travailleurs culturels qui y vivent. »

Une réflexion s’impose

Il y a encore beaucoup de travail à faire afin d’améliorer les conditions socioéconomiques des artistes et des travailleurs culturels. En publiant ce document de réflexion, Culture Montérégie entend démarrer quelques chantiers sur le sujet. Il souhaite consulter le milieu culturel et les décideurs au sujet du financement privé, des causes du manque de financement public dans la région, des lieux de création, de production et de diffusion en Montérégie, et de la reconnaissance du travail de l’artiste. Loin de vouloir jeter un pavé dans la mare, l’organisme veut concerter les différents partenaires du développement culturel régional pour passer en mode solution.

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