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Le Contre-courant

Verchères
PlasticMama, l’art plastique


Denis-Charles Drapeau
dcdrapeau@lecontrecourant.com

La municipalité de Verchères accueille depuis septembre une nouvelle résidente bien particulière. Connue sur la scène internationale de l’art visuel sous le nom de PlasticMama, Marie Line s’est fait connaître grâce à sa manière assez singulière de recycler le plastique.

Pourquoi PlasticMama?

«J’ai commencé avec le recyclage du verre, du métal, du bois… Lorsque j’ai commencé à utiliser le plastique, les gens me trouvaient un peu drôle de fouiller dans les bacs verts! Un jour, quelqu’un m’a dit que j’étais comme une reine du plastique et j’ai répondu spontanément que j’étais la PlasticMama et l’étiquette est restée collée!»


À l’écoute de ses rêves

Cela fait plus de 15 ans que Marie Line travaille et réinvente les déchets de plastique. Qui aurait cru qu’un simple bricolage d’enfants préscolaires en pots de plastique l’aurait amené, un jour, à être reconnue par l’UNESCO!

«J’ai une amie qui travaille dans un CPE et pour mon anniversaire, elle m’a donné un bijou fait en pots de pilules fondus que ses enfants avaient faits. Cela ne m’avait pas impressionnée sur le coup, mais durant la nuit suivante, j’ai rêvé que je fondais des pots de pilule! Comme j’ai tendance à faire ce que mes rêves me disent de faire… dès le lendemain, j’ai commencé à collecter des pots et à faire des bijoux! J’en ai vendu plusieurs, car les gens aimaient ça. Alors, j’ai commencé à faire des bols, des plateaux et par la suite de plus grosses pièces», nous dit Marie Line.

Un jour, elle prend connaissance d’un lieu à Montréal où se rassemblaient plusieurs artistes recycleurs pour y travailler. Elle qui se voyait davantage comme une recycleuse qu’autre chose.

«Au rez-de-chaussée, il y avait une agence spécialisée où ces derniers pouvaient y exposer leurs œuvres. Encore une fois, j’ai rêvé que j’y allais y porter une pièce bien spécifique. Le lendemain, je l’ai fait! J’étais très gênée, car j’avais le syndrome de l’imposteur. La personne là-bas était tombée littéralement en amour avec ma pièce. Elle m’a commandé quelques pièces, mais je n’étais pas bien avec ça, j’aime mieux faire ce que mes rêves me disent de faire», raconte-t-elle.


Une reconnaissance internationale

Pourtant, c’est durant cette exposition qu’une personne mandatée par le gouvernement fédéral lui proposa faire une œuvre originale pour la Biosphère. Ensuite, cette dernière a également été exposée à la mairie de Verdun. Cette œuvre, qui est en fait une robe de plastique, s’appelle Ordonnance royale. La robe a fait le tour du monde et particulièrement en France. C’est cette œuvre qui lui a permis d’être reconnue par l’UNESCO en 2002. Plus tard, il y a eu la société de transport de Montréal (STM) qui lui a proposé de créer une œuvre à partir de leurs vieux matériaux, il y a eu les sapins de Noël à l’hôtel de ville de Montréal sous Denis Coderre, etc.

«En tant qu’artiste, ma philosophie est que je veux éloigner les gens de leurs déchets de plastiques, le plus possible. Au point où, lorsque j’en ai fini avec, les gens ne pourront plus voir leurs déchets de la même façon! Par contre, mon but ce n’est pas de moraliser les gens, c’est simplement m’amuser avec le plastique, c’est tout!»


Pourquoi Verchères?

PlasticMama nous raconte qu’il y a quatre ans, elle a visité Le Pigeon d’or, où elle avait fait la connaissance des deux sœurs tenant la boutique.

«J’avais adoré ma visite, mais j’avais perdu leurs traces. L’été passé, alors que je cherchais un appartement, j’ai rêvé que je visitais Verchères! Vu que j’étais en période de vacances, j’ai décidé d’y aller me promener avec mon chien et encore une fois, j’ai adoré ma visite! J’y ai trouvé un appartement… j’ai choisi Verchères!»

Elle, qui a voyagé à travers le monde, souhaite désormais se créer des racines dans la municipalité. «Je viens de Montréal et j’ai vécu 16 ans à Toronto, mais je ne suis pas une fille de ville. J’adore le village, c’est la première chose qui m’a fait triper ici! C’est un endroit où il n’y a pas de grands édifices et par conséquent, il y a plus de soleil, d’arbres, etc.» nous confie-t-elle.

Bouteilles et mains-d’œuvre recherchées

PlasticMama participera cet été à la Foire ÉCOSPHÈRE 2019. Il s’agit d’une foire comportant quatre éditions annuelles (Québec, Montréal, Magog et Ottawa-Gatineau), qui a pour but d’informer et de sensibiliser le public aux défis environnementaux.

«On m’a sollicité afin de créer une œuvre de grande envergure faite en bouteilles de plastique recyclées. Je vise 2 000 bouteilles et j’en ai 1 000 de fait pour l’instant. Je fabrique ma matière avec de la coupe et de la chauffe. Ma fierté, c’est d’utiliser seulement la matière à l’aide de techniques, pas de colle ni de vernis», nous explique Marie Line.


De son propre aveu, il s’agit d’un long processus qui nécessite de longues heures de trempage, de décollage, de coupage, etc. Aussi, aime-t-elle faire connaître sa passion au public. Ce sont là deux raisons pour lesquelles, cette dernière accueille toujours les gens qui souhaitent travailler avec elle. «Il m’arrive de temps en temps de faire des ateliers avec des écoles, les centres communautaires… mais j’adore travailler avec les ados, je les trouve intéressants».

Appel à la population

«En fait, je cherche des bouteilles d’eau claire entre 500 ml à 8 litres… les gens peuvent me joindre sur Facebook ou sur le web PlasticMama. Je me déplace au besoin. Néanmoins, je ne veux pas que les gens boivent de l’eau en bouteille simplement pour me donner leurs bouteilles, mais s’ils en ont, je les prends avec les bouchons, les étiquettes et tout!»

Facebook PlasticMama
Site web

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