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Contrecoeur
L’ocre ferreuse s’invite au Conseil

Près d’une vingtaine de personnes se sont déplacées pour la séance du conseil de ville de Contrecœur du 5 avril dernier. Si les décisions du Conseil furent relativement succinctes, il en a été tout autrement pour la période de questions qui s’est étalée sur plus d’une heure. En effet, les citoyens présents cherchaient des réponses concernant l’ocre ferreuse auprès de leurs élus.

À tour de rôle, ces derniers ont fait état des problèmes engendrés par l’ocre ferreuse sur leurs propriétés, parlant d’inondations de sous-sol et de drains bouchés, ayant causé des milliers de dollars de dommage sur certaines rues, notamment la rue Tétreault et de Vignieu.

L’ocre ferreuse ?

Ce que l’on appelle l’ocre ferreuse est une matière visqueuse de couleur orangée, rouge, brune pâle ou brune foncée, qui se forme sous l’action de phénomènes chimiques ou microbiologiques, notamment dans les systèmes de drainage des bâtiments.

Selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), le processus chimique se produit lorsque le fer soluble contenu dans le sol migre dans le drain français par l’eau de drainage. Au contact de l’air, les ions ferreux s’oxydent et deviennent solides sous forme de boue. Ensuite, il pourrait y avoir la présence de ferrobactéries dans l’eau qui extraient l’oxygène du fer et provoquent aussi une boue visqueuse. Il est à noter qu’une combinaison des deux est possible, mais que le processus biologique provoque une oxydation plus importante.

Plusieurs facteurs peuvent engendrer ce type de réaction. Par exemple, le niveau élevé de la nappe phréatique, le pH de l’eau, mais aussi le sable fin, les sols argileux et riches en matières organiques. À la décharge de la municipalité, les sols utilisés souvent pour faire du remplissage peuvent provenir de partout dans la province. En ce sens, l’APCHQ mentionne dans son guide de chantier que les problèmes générés par le fer provenant de l’extérieur, contrairement au fer déjà présent dans le sol, sont plus à risque de devenir permanent particulièrement dans le cas de nouveaux développements.

Une première en 30 ans

Questionné à savoir comment la Ville allait réagir face à la situation, la mairesse Suzanne Dansereau, ainsi que les conseillers affirment n’avoir jamais entendu parler de cas semblable en près de 30 ans. « Sur les réseaux sociaux, on insinuait toute sorte de choses, comme quoi la Ville était au courant et que l’on cachait ça à la population…c’est totalement faux !» a affirmé la mairesse. « Nous avons contacté plusieurs citoyens qui disaient avoir ce problème pour qu’ils nous apportent des preuves concrètes (rapports de laboratoires) qu’il s’agit bel et bien d’ocre ferreuse. Très peu ont répondu à notre demande. Seulement deux l’on fait et il n’était aucunement mention d’ocre ferreuse dans ces rapports » a renchéri, madame Dansereau.

« Si on vous apporte les preuves d’experts, qu’elles seront les intentions de la Ville ?» a demandé un citoyen résidant sur la rue Tétreaut. « Dans la mesure où l’on constate qu’il existe un réel problème, le conseil de Ville pourrait adopter un règlement obligeant les constructeurs à installer des cheminées sur les drains ou les obliger à faire des échantillonnages de sol, en prévention» d’ajouter la mairesse.

Qui est responsable ?

Selon l’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction, il y a déjà de la jurisprudence dans ce type de dossier et il semble que les municipalités n’ont aucune responsabilité dans cette affaire. En effet, sur le site de l’ACQC, on impute la responsabilité d’un vice résultant de sols contaminés, au constructeur ou à l’ancien propriétaire. D’ailleurs, « ces terrains n’ont jamais appartenu à la Ville de Contrecœur, donc la municipalité n’a aucune responsabilité. Par contre, nous pouvons vous assurer que nous comprenons l’inquiétude de la population et que la Ville va faire ses devoirs », a tenu à préciser la mairesse.

Les « plaintes »

Par ailleurs, les représentants de la Ville clament qu’ils n’ont jamais reçu la moindre plainte officielle sur l’ocre ferreuse. « Il faut comprendre que ça devient difficile pour le Conseil d’agir lorsqu’on ne peut pas documenter ce type de complication », nous dit le conseiller du district no.1 Mario Gervais. Effectivement, selon M. Gervais, il existe des canaux de communication permettant le suivi de ce type de problématique auprès du Conseil. « Le meilleur moyen de ne pas échapper de dossiers est de faire une requête formelle auprès de vos conseillers. Après ça, mon rôle sera de faire le suivi » nous explique M. Gervais. Les citoyens qui souhaitent effectuer une requête doivent passer par la réception de la Mairie soit en personne, par téléphone ou sur le site web de la Ville.

Aussi, le Conseil réitère son désir d’avoir l’heure juste sur cette situation et invite les gens qui sont en possession d’un rapport de laboratoire, à leur faire parvenir afin qu’il puisse prendre les mesures nécessaires à sa rectification.

Il s’agit d’un dossier que le Contre-courant.com suivra pour vous, bien entendu !

Vous avez des suggestions de reportages, écrivez-nous : redaction@lecontrecourant.com

Pour plus d’information concernant l’ocre ferreuse :
APCHQ : Guide chantier – Les dépôts d’ocre dans les systèmes de drainage des bâtiments

ACQC : Dépôts d’ocre (ocre ferreuse): recours

Pour joindre la Ville de Contrecœur :
MAIRIE DE CONTRECOEUR
5000, route Marie-Victorin
Contrecœur (Québec) J0L 1C0
Téléphone : 450-587-5901
Télécopieur : 450-587-585

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