
Proximité indécente
Xavier Barsalou-Duval lance un site web sur le financement des libéraux
Le député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, Xavier Barsalou-Duval a lancé aujourd’hui un site web recréant la toile du financement libéral depuis 2015. Selon lui, plusieurs éléments troublants ressortent de cette recension.
« Les libéraux reçoivent des montants faramineux provenant des administrateurs et des lobbyistes de nombreux groupes d’intérêts et entreprises. Que ce soit le milieu de l’armement, les associations religieuses, les banques, les cabinets d’avocats, les pétrolières et j’en passe, l’élite du Canada accourt pour contribuer à la caisse électorale du Parti libéral. Il y a matière à s’inquiéter quant à l’impartialité du gouvernement au moment de prendre des décisions », explique Xavier Barsalou-Duval.
Les dons recensés sur le site Internet financementliberal.com décortiquent plus de 1,5 million de dollars en contributions issues des 19 secteurs suivants :
- Armement
- Cabinets comptables
- Grandes entreprises
- Minières
- Associations religieuses
- Cannabis
- Groupes d’intérêts
- Pétrolières
- Assurances
- Firmes de lobby
- Haute finance
- Québec inc.
- Banques
- Fonction publique
- Institutions publiques
- Think tank
- Cabinets d’avocats
- Géants du web
- Médias/télécommunications
« On dirait que les libéraux remercient bien leurs contributeurs : des dons issus de l’industrie pétrolière ? Le gouvernement achète un pipeline et finance l’industrie à coups de milliards ; des dons de la part des géants du web ? Pas de taxe de vente pour eux ; des dons faits par les entrepreneurs du cannabis ? Un permis de production au moment de la légalisation. La toile du financement libéral parle d’elle-même », poursuit le député de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères.
« Officiellement, la loi interdit aux entreprises de contribuer aux partis politiques, mais il y a bien des moyens de la contourner. De voir les lobbys et les grands financiers fricoter comme ça avec le Parti libéral, moi ça me met mal à l’aise. Laisser l’argent influencer la politique comme ça, surtout quand il est question du parti au pouvoir, c’est vraiment malsain », ajoute le député bloquiste.
La pointe de l’iceberg
« Ce qu’on a découvert, c’est la pointe de l’iceberg. Ça nous a pris des mois de travail pour compiler ces données à partir de différentes sources d’informations publiques. Beaucoup d’entreprises ne divulguent pas la composition de leur CA et de leur actionnariat. Qui sait ce qu’on aurait pu découvrir si par exemple, on avait accès à la liste des employés et des cadres de certaines entreprises ? Néanmoins, il s’agit d’une base qui démontre déjà l’odeur nauséabonde qui flotte autour du financement des libéraux », affirme monsieur Barsalou-Duval.
Un problème systémique
Selon le député, la vraie solution au problème serait d’établir un système de financement public semblable à celui du Québec où les dons des individus seraient limités à 500 $ et où le financement reçu par les partis serait basé sur le nombre de votes obtenus aux élections générales.
« Après la Commission Charbonneau et les nombreux scandales entourant l’industrie de la construction, le Québec a changé son régime de financement politique pour éliminer le copinage et la vulnérabilité des politiciens face au pouvoir de l’argent. Des épisodes comme ça, on en a eu aussi à Ottawa avec le scandale des commandites, mais les libéraux ne semblent pas en avoir tiré de leçons », déplore le député.
Les libéraux et les conservateurs ont toutefois voté contre le projet de loi du Bloc Québécois sur le financement des partis politiques. Celui-ci aurait permis d’assainir les pratiques des partis en leur procurant une source de financement sûre et stable en fonction des votes obtenus, tout en restreignant la contribution maximale, actuellement fixée à 3200 $ (1600 $ à l’association locale et 1600 $ au national), que peut faire un individu.
« Malheureusement, ceux qui profitent du système actuel pour garnir leur caisse électorale lorsqu’ils sont au gouvernement font preuve de mauvaise foi et perpétuent le problème. C’est important que les gens sachent que le poids du portefeuille des compagnies ne passe pas avant l’intérêt public. Autrement, le cynisme grandit et les gens se désintéressent de la politique » conclut Xavier Barsalou-Duval.
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