Nouvelle exposition à la Maison Lenoblet-Du Plessis
Ce qui demeure dans la terre, une exposition de Jean-Sébastien Pigeon

Culture C et Jean-Sébastien Pigeon nous invitent à regarder autrement ce que l’on croyait connaître : le territoire, les gestes, la mécanique de ce qui nous nourrit et surtout, tout ce qui continue de vivre sous la surface. Un titre, comme une énigme. Qu’est-ce qui demeure, au juste ? Dans la terre, mais aussi dans les corps, dans les gestes, dans ce qui se transmet sans forcément se dire. Il y a le legs — discret, parfois invisible. Il y a la demeure — comme une maison intérieure, un lieu où quelque chose habite encore. Et il y a ce que l’on enfouit. Ce que l’on oublie. Ce que l’on croit disparu. Mort et enterré…Mais sous la surface, rien n’est inerte. Ça circule. Ça travaille. Ça transforme. Ce qui demeure dans la terre ? La vie !

Cette exposition réunit une trentaine d’œuvres — photographies, dessins et peintures — qui explorent le monde agricole québécois à travers le temps. Déployées dans des formats allant de l’intime au monumental, ces images tracent un parcours sensible du cycle des saisons, des semences aux récoltes, tout en ouvrant un dialogue entre le passé et le présent. À la fois documentaires et profondément transfigurées, les photographies de Jean-Sébastien Pigeon s’éloignent de la simple captation du réel pour en révéler une dimension presque tellurique. Les gestes agricoles, la matière organique, les paysages et les machines deviennent les fragments d’un langage visuel où se superposent interventions numériques, champs chromatiques et structures géométriques. Ces strates de couleurs, parfois translucides, parfois saturées, viennent troubler notre perception et inscrire le travail humain dans une temporalité élargie, entre mémoire et transformation.

Au cœur de la démarche, certaines œuvres prennent racine dans des archives familiales : des photographies du grand-père de l’artiste, éleveur de vaches Hershey. Dessinées, puis numérisées, agrandies et réinvesties par différents procédés mixtes, elles deviennent des surfaces en transformation. Ces images anciennes, revisitées par des interventions contemporaines, témoignent de l’évolution des pratiques agricoles au cours du dernier siècle, tout en conservant la charge humaine et affective de leur origine.

Le territoire agricole y apparaît comme un espace en tension : entre ordre et chaos, contrôle et imprévisibilité, production et altération. La terre y est à la fois support, sujet et matière vivante. Par cette approche, l’artiste propose une relecture contemporaine du paysage rural.

Forme, matière, vivant

Les interventions numériques et les structures géométriques ne viennent pas figer l’image — elles la rendent instable, poreuse. Elles ouvrent des passages entre ce qui est vu et ce qui agit en profondeur. Et puis il y a la couleur. Chez Jean-Sébastien Pigeon, elle surgit avec une énergie presque insolente : vive, saturée, parfois franchement pop.

Elle traverse les images agricoles comme une poussée, une irruption. Elle ne décore pas. Elle active. Elle donne à voir que le territoire n’est pas un décor immobile, mais un organisme en transformation.

Ce qui continue de vivre

Dans cette exposition, il ne s’agit pas seulement de se souvenir. Il s’agit de reconnaître que quelque chose est encore à l’œuvre. Dans la terre. Dans les images. Dans ce que l’on porte sans toujours le savoir. Les gestes d’hier ne disparaissent pas : ils se déplacent, se transforment, se rejouent autrement. Ce qui demeure dans la terre, ce n’est pas du passé.

C’est une présence. Un mouvement. Du vivant qui insiste.

Informations pratiques

  • Dates : du 2 mai au 17 juin 2026
  • Lieu : Maison Lenoblet-Du Plessis (4752, route Marie Victorin)
  • Horaire : Les samedis et dimanches de 10 h à 17 h
  • Coût : Gratuit
  • Vernissage : Dimanche 3 mai à 13 h 30

 -Communiqué-


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