Projet d’accord de libre-échange avec la Turquie
Xavier Barsalou-Duval craint un impact majeur pour les travailleurs d’acier de la région

Le député de Pierre-Boucher — Les Patriotes — Verchères, Xavier Barsalou-Duval a déposé une motion au Comité permanent de l’industrie le 27 octobre dernier afin que l’industrie sidérurgique québécoise soit consultée quant à l’impact potentiel d’un traité de libre-échange entre le Canada et la Turquie.

« Le gouvernement libéral de Mark Carney nous a tous pris par surprise avec son annonce la semaine dernière sur sa volonté de négocier un accord de libre-échange avec la Turquie. Il faut savoir que la Turquie est un producteur d’acier d’envergure mondial et que des cas de dumping les concernant ont déjà été reconnus par le Tribunal canadien du commerce extérieur », a déclaré Xavier Barsalou-Duval.

« Pour protéger cette industrie durement affectée par des tarifs américains de 50 %, le fédéral a mis en place des mesures de contingences aux frontières pour limiter les importations. Or, ces mesures de protection risquent de devenir complètement inopérantes si on ouvre grand les portes à l’acier turc », explique le député.

« Avant d’aller l’avant avec des décisions irréversibles qui risquent d’affecter durement nos milliers de travailleurs de l’acier d’ArcelorMittal à Contrecœur et Longueuil et ceux de Rio Tinto à Sorel-Tracy, le gouvernement libéral doit au moins consulter l’industrie et mesurer les conséquences des concessions à venir », ajoute monsieur Barsalou-Duval.

Voici le libellé de la motion déposée au comité INDU :

Qu’en vertu de l’article 108(2) du règlement, le comité INDU se penche sur les conséquences pour l’industrie sidérurgique québécoise et canadienne qui est déjà durement affectée par des tarifs américains de 50 %, de l’annonce du premier ministre de son intention de conclure une entente de libre-échange avec la Turquie et de l’impact qu’une telle entente aurait sur les mesures de contingences du gouvernement fédéral en considérant que les pays sans accord de libre-échange ont droit à 20 % de leurs volumes de 2024 en importation sans surtaxe tandis que les pays avec accord ont droit à 75 %.

Que pour cette étude d’un minimum de deux (2) réunions, le comité invite à comparaître les témoins suivants :
a) Le ministère des Finances ;
b) L’Agence des services frontaliers du Canada ;
c) Catherine Cobden, présidente de l’association canadienne des producteurs d’acier (ACPA) ;
d) Marty Warren, directeur national du syndicat United Steel Workers of Canada (USW);
e) Nicolas Lapierre, directeur du syndicat québécois des Métallos ;
f) Paul Bird, président de l’administration portuaire de Montréal ;
g) Stéphane Brochu, président d’ArcelorMittal, Produits longs Canada ;

Que le comité fasse rapport de ses conclusions à la chambre et demande une réponse du gouvernement.

Le dirigeant autoritaire turc, Tayyip Erdogan, est aussi régulièrement critiqué pour son non-respect des droits de l’homme, notamment pour l’emprisonnement arbitraire de journalistes et d’opposants politiques ainsi que pour sa répression des minorités ethniques et sexuelles. Erdogan a de plus refusé d’appliquer les sanctions internationales à la suite de l’invasion de l’Ukraine et effectué des rapprochements militaires avec la Chine et la Russie malgré son appartenance à l’OTAN.

« La Turquie n’est pas un allié fiable de l’occident. Elle joue sur deux tableaux et nous devons nous en méfier. Si nous pouvons certes avoir des échanges économiques avec ce pays, il ne faut pas non plus être naïfs et se hâter à lui faire des concessions qui risquent de nous coûter cher par la suite », conclut le député de Pierre-Boucher — Les Patriotes — Verchères.

 -Communiqué-


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