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Le Contre-courant

Guy Salois, un luthier contrecoeurois autodidacte


Denis-Charles Drapeau
dcdrapeau@lecontrecourant.com

Dans le cadre du symposium «Un fleuve de couleurs» qui se tiendra au parc Cartier-Richard de Contrecoeur les 26 et 27 mai prochains, les visiteurs auront la chance de découvrir un véritable passionné de lutherie.

Symposium

Originaire de Saint-Roch-de-Richelieu, M. Guy Salois tentera de propager son enthousiasme pour le violon et de démystifier sa fabrication durant ces deux jours où se réuniront 34 artistes peintres et sculpteurs. Une formidable occasion de voir ces artistes à l’œuvre et une belle opportunité d’en apprendre davantage sur le bois de lutherie, ses caractéristiques acoustiques, les différentes sonorités recherchées, etc.

«Je trouve que c’est un instrument noble, entouré de beaucoup de mystère», nous dit M. Salois. «Surtout en ce qui a trait à la qualité acoustique et particulièrement si l’on pense aux maîtres-luthiers du XVIIe et du XVIIIe siècle».

Le bois

Désormais connut pour son célèbre violon «Le St-Laurent» dédicacé au 350e anniversaire de la ville de Contrecoeur, rien, de prime abord, ne semblait prédestiner cet électricien de formation à la confection de violon.

Néanmoins, M. Salois s’est découvert une affection particulière pour le bois dès l’âge de 14 ans lorsqu’il travaillait à la manufacture de meuble Spécialité Saint-Roch.

«À l’époque, on fabriquait plusieurs types de garde-robes et des meubles en bois pour Sears Canada… au fil du temps, j’ai fini par passer sur toutes les machines qui travaillaient le bois et j’ai fait ça jusqu’à la fin de mes études», raconte M. Salois.

Ayant pris sa retraite de la société Hydro-Québec depuis 2012, où il a évolué comme électricien d’appareillage durant 32 ans, M. Salois a toujours gardé un grand intérêt pour le bois, et ce, même s’il n’avait pas touché à l’ébénisterie depuis ce temps.

La quête

«Je savais qu’à ma retraite je voulais faire quelque chose de particulier, hors de l’ordinaire! Quelque chose qui correspond à mes aspirations, à mes goûts et à mes habiletés. J’ai toujours eu un intérêt pour la fabrication de meubles. C’est la raison principale pour laquelle j’ai construit mon atelier, d’ailleurs!»

De toutes évidences, l’ébénisterie n’a pas été un défi à la mesure de ses aspirations. «J’ai eu la chance de rencontrer deux personnes qui se sont essayées à la lutherie et à force de discuter avec eux, j’ai délaissé les meubles pour me lancer dans la fabrication de guitares… parce que je joue un peu de la guitare», nous dit M. Salois.

Le défi

Bien vite, cette option a été remplacée par la création de violons. «Pour moi, c’est avant tout le défi et le mystère qui entoure cet instrument qui m’ont amené vers le violon. C’est l’idée de produire quelque chose qui pourrait avoir une bonne sonorité. Je dois dire que c’est effectivement tout un défi, surtout lorsque l’on n’a pas de formation!» nous avoue le luthier autodidacte.

«J’aime le bois, le travail manuel de précision, j’adore la musique et j’aime les arts… Donc, pour moi, le violon est l’instrument parfait en ce sens, car il incarne tout ces éléments-là».

L’aventure commence véritablement en 2014 où il achète du bois du Québec provenant d’un luthier de Saint-Antoine-sur Richelieu. L’érable à sucre étant très dur, il est difficile à travailler. Il se tourne alors vers le bois européen plus facile à travailler.
«Par exemple, le violon du 350e «Le Saint-Laurent» est fait avec du bois de la Roumanie. On y trouve de l’érable sycomore qui se travaille mieux, mais possède aussi une meilleure qualité acoustique».


Un luthier 2.0

«Pour mon premier violon, j’apprenais en le construisant au fur et à mesure, à chaque étape, j’allais soit chercher l’information, soit l’outil et parfois les deux. Je faisais la théorie en même temps que la pratique littéralement».

M. Salois avoue avoir fait beaucoup de recherche dans la littérature et sur Internet. Il a tendance à se référer auprès de luthiers contemporains qui ont une reconnaissance dans le domaine et il n’hésite pas à communiquer directement avec eux.

Ce dernier souligne l’extraordinaire ouverture du luthier de réputation internationale, David Sora, avec lequel il correspond. De l’école de Crémone en Italie et gagnant de plusieurs concours, Sora s’est donné pour mission de démocratiser la fabrication de violon. Il faut dire que Crémone est le berceau des grands maîtres luthiers italiens. L’exemple le plus connu est sans doute Antonio Giacomo Stradivari (1644-1737) et ses célèbres violons Stradivarius.

«Sur YouTube, on peut voir comment il fait de A à Z… il ne gêne pas pour montrer ses trucs et ses façons de faire. J’admire cela!» rajoute M. Salois.

Il y a une appli pour ça!

Loin de l’époque de Stradivari, M. Salois fait flèche de tout bois afin de se perfectionner, particulièrement sur plan technique. Ce qui l’amène souvent à se tourner vers les nouvelles technologies.

«Lorsque je sculpte les plaques, je les fais résonner… À l’aide d’un micro, je les enregistre sur une application mobile qui me permet de tracer les spectres de fréquences. Parce qu’il n’y a pas un morceau de bois qui va résonner de la même façon et selon ce que l’on recherche comme son, on peut modifier les épaisseurs. C’est vraiment la façon que l’on va le sculpter qui va déterminer le son unique de l’instrument».

Le but

Lorsqu’on interroge M. Salois sur les motifs qui les poussent vers cette quête de perfection, c’est très humblement qu’il répond : «Mon but c’est de voir mes instruments joués par des étudiants avancés et ultimement par des professionnels. Aussi, quand je serai prêt… j’estime d’ici 3 ou 4 ans, j’aspire à participer à des concours de lutherie».

Source photo: Nancy Pelletier

Pour voir et entendre

Lors des deux jours du symposium, chacun d’entre vous aura la chance de discuter avec lui, mais aussi d’entendre le fruit de son labeur. En effet, vous devriez trouver le luthier contrecoeurois à un kiosque adjacent à la scène du parc Cartier-Richard, où des violonistes professionnels performeront sur la scène lors de pause musicale. C’est un rendez-vous les 26-27 mai prochain!

Symposium, un fleuve de couleurs Un événement artistique à ne pas manquer à Contrecoeur

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