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Le Contre-courant

Courrier des lecteurs
Ça va bien aller !

Kathleen Gaumont

Cette année-là, en 2020 nous étions en quarantaine. Quarantaine est un mot que je ne croyais pas devoir utiliser de mon vivant. 2020 et quarantaine. Au début de l’année, certains s’étaient amusés avec le jeu de mots en disant : Voyons!! 2020 c’est l’année des Vindredis, c’est l’année des amateurs, c’est l’année de ceux qui se disent à trois heures de l’après-midi qu’il est cinq heures quelque part dans le monde afin de pouvoir se déculpabiliser de prendre un verre à 3h de l’après-midi! J’avais souvent entendu mon père répéter cette phrase tel un mantra. En ces temps de confinement, en ces temps de pandémie mondiale, à l’ère de l’état d’urgence, je faisais désormais partie de ceux qui disaient à trois heures de l’après-midi qu’il était 5h quelque part dans le monde! Il avait même été décrété que la SAQ était un service essentiel!! Les employés assistaient, bouche-bée, à des files record digne d’un 24 ou d’un 31 décembre. Mais dans le fond, quand on y repense maintenant, l’analogie de 2020 et de la quarantaine, bien drôle au départ, avait désormais pris une signification bien particulière, très ironique, voire irréelle. Un peu comme la chanson d’Alanis Morissette intitulée du même nom: Ironic dans laquelle elle dit voir un signe de non-fumeur lors de sa pause cigarette, d’avoir 10,000 cuillères lorsque dans le fond elle n’a besoin que d’un couteau ou encore de rencontrer l’homme de ses rêves, lui-même accompagné de sa merveilleuse femme! Et oui, Alanis, très ironique effectivement!!

Durant cette pandémie mondiale, tout le monde était confiné à la maison. Le gouvernement intimait ses concitoyens de rester enfermer, d’éviter tout contact extérieur. Nous pouvions aller marcher, se rendre à l’épicerie, chercher nos médicaments tout ceci en respectant la distanciation sociale soit d’être à plus de deux mètres l’un de l’autre. Et nous assistions, tout un chacun, impuissant à cette semblable fin du monde. Plusieurs de nos amis, de notre entourage, moi-même avions perdu notre emploi directement à cause de cette pandémie et l’aide tardait à venir. Un taux de chômage jamais inégalé dans toute l’histoire depuis la création de l’Assurance-emploi! Aux nouvelles, la télévision nous rendait chaque jour un portait de la situation mondiale. Tous les jours, c’est avec impatience que nous attendions le point de presse de notre Premier ministre, François Legault, accompagné de la ministre de la Santé Danielle McCann et du populaire directeur national de la Santé publique, Dr Horacio Arruda. Aujourd’hui, les chiffres étaient effarants avec plus de 492 000 cas confirmés de personnes atteintes par ce virus et plus de 22 000 morts dans le monde! Nous, les adultes de la quarantaine (pas de jeu de mots ici!!) avions vu, de nos yeux vu, la guerre des prix de l’essence vers la fin des années 90 lorsque nous pouvions mettre de l’essence dans nos voitures à 0.69$ ou même à 0.49$/litre. Aujourd’hui, alors que l’essence se détaillait sous la barre des 0.80$/litre à certains endroits, ce sont nos enfants qui voyaient ceci et qui n’en croyaient tout simplement pas leurs yeux!  Le personnel de la santé était à bout de souffle, les éducatrices des CPE appelées en renfort, les écoles, les centres commerciaux, les entreprises considérées non-essentielles étaient fermées, les tablettes des supermarchés à moitié vides, les concerts et autres activités sportives suspendues ou voire carrément annulées: Notre Sainte Flanelle en congé (Carey, pratique tes arrêts avec Angela!) la LNH, la MLB, la PGA, la WTA, la NBA… Ironiquement, les seules trois lettres qui semblaient survivre encore était IGA et SAQ! Même les jeux olympiques de 2020 avaient été reportés en 2021, une meilleure cuvée j’imagine!

Alors, il y a quelques semaines, si on m’avait dit que dans le ciel, seuls les oiseaux voleraient encore…je n’y aurais pas cru.  Si on m’avait dit que dans les parcs, nous n’entendrions plus le rire des enfants qui jouent… je n’y aurais pas cru. Si on m’avait dit que les rues, les trottoirs et les pistes cyclables seraient désertées des pas de leurs marcheurs… je n’y aurais pas cru. Si on m’avait dit que les voyages deviendraient interdits et que même rendre visite à grand-papa serait désormais impossible, je n’y aurais pas cru. Si on m’avait dit que les habitants de la planète entière seraient terrorisés, la peur au corps, tous confinés dans leurs foyers,  je n’y aurais pas cru non plus. Dans les livres des générations futures, nous y serons, bien présents. Désormais, tout un chacun, nous ferons partie de l’histoire. De cette histoire de l’année 2020 où le monde entier est tombé malade et où la planète était en mode survie. On parlera de nous comme d’un peuple de combattants, comme d’un peuple de survivants. Un peuple qui textait son voisin de cellulaire pour lui dire : « Hey voisin de cell, en ces temps de confinement, ne lâche pas je suis là, tu n’es pas seul ». On mentionnera, un peu surpris, que ce même peuple dessinait des arcs-en-ciel dans les fenêtres de leur maison et qu’il flashait leurs lumières tous les soirs à 20h30 afin de sentir un peu de réconfort des gens qui habitaient la même rue ou de leurs voisin à qui il ne parlait plus, afin de se sentir un peu unis dans cette solitude. SEULS, TOUS ENSEMBLE! Dans les livres de demain, nous parlerons de nous comme de ceux qui se sont tenus les coudes et qui se sont dit, lorsque la terre a arrêté un instant de tourner : « ça va ben aller! »


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