Crédit photo : Benoit Thériault

Élections 2026
Les mairesses et maires de la Vallée-du-Richelieu interpellent les candidats sur l’avenir du transport collectif

En pleine campagne électorale provinciale, neuf maires et mairesses s’unissent pour faire entendre leurs préoccupations au sujet du financement du transport en commun. Ils souhaitent porter la voix de leurs citoyens car ces derniers sont nombreux à vivre les impacts directs de la congestion routière et réclament des solutions. À ceux-ci s’ajoutent les usagers du transport collectif qui souhaitent un service fiable et répondant aux besoins grandissants.

« Les candidats qui aspirent à représenter notre région à l’Assemblée nationale doivent se prononcer sur cet enjeu. Le transport collectif n’est pas une dépense; c’est un investissement stratégique. Chaque dollar investi génère 3,2 fois plus de valeur ajoutée pour l’économie québécoise qu’un investissement équivalent dans le transport routier, tandis que la congestion dans le Grand Montréal coûte déjà plus de 6 milliards de dollars par année », souligne Kim Méthot, mairesse de Saint-Basile-le-Grand.

« Les municipalités font leur part et les citoyens contribuent déjà au financement du transport collectif par leurs impôts, leurs taxes municipales, leurs droits d’immatriculation et leurs titres de transport. Ils sont en droit d’attendre un modèle de financement stable, prévisible et équitable. Pour réduire la congestion, l’offre doit répondre à leurs besoins », rappelle Marc-André Guertin, maire de Mont-Saint-Hilaire.

« Les municipalités de toutes tailles qui font partie de la Communauté métropolitaine de Montréal contribuent au financement du transport métropolitain, même celles qui n’ont pas de service! Nous devons être considérées dans le développement de l’offre régionale et soutenues dans l’offre locale. Il est impensable de financer un service qui priorise uniquement les déplacements vers Montréal; les habitudes de déplacement ont changé, il faut s’ajuster », soutient Normand Teasdale, maire de Saint-Mathieu-de-Beloeil.

« Le modèle actuel de financement ne répond plus aux réalités d’aujourd’hui. Le prochain gouvernement doit s’engager à fournir un financement prévisible et pérenne qui soutien le développement de nos municipalités. Les effets de la pandémie, l’inflation, le vieillissement des infrastructures, la croissance du transport adapté et les transformations du réseau métropolitain, notamment avec l’arrivée du REM, ont accentué un déséquilibre financier qui perdure », fait valoir Patrick Marquès, maire de Carignan.

« La Vallée-du-Richelieu poursuit sa croissance, accueille de nouvelles familles et attire des entreprises. Pour soutenir ce développement, nous avons besoin d’un réseau de transport collectif fiable, performant et financé de façon durable. Le train de Mont-Saint-Hilaire et les services d’autobus sont essentiels à la mobilité des travailleurs, à l’accès aux services et à la fluidité des déplacements. Les décisions prises au niveau provincial doivent protéger et développer le potentiel de ces services, sans alourdir le fardeau financier des villes », mentionne Magalie Taillon, mairesse de McMasterville.

Mélanie Villeneuve, mairesse d’Otterburn Park, ajoute : « Pour répondre aux défis climatiques et assurer une transition vers une occupation durable de notre territoire, nos communautés se densifient et proposent des modèles d’habitation qui s’appuient sur une offre intégrée de transport collectif. Il nous faut du transport en commun local pour desservir ces quartiers, surtout quand c’est la façon la plus économique de desservir nos citoyens. »

« Malgré les efforts des municipalités et des organismes de transport pour optimiser leurs services et diversifier leurs revenus, le déficit métropolitain continue de croître. Le statu quo n’est plus viable. Le recul et la perte de service pour notre communauté sont inacceptables. Le modèle actuel a déjà entraîné une diminution de notre desserte locale et nos autobus seront encore en surcharge cette année à la rentrée, sans possibilité d’ajouter des départs », s’inquiète Alexandra Labbé, mairesse de Chambly.

« Les couronnes ont accueilli deux fois plus de nouveaux résidents que Montréal dans les dernières années, les besoins suivent cette tendance et il est temps que les décisions prises en investissement soutiennent les choix de la population. Si les déplacements se font désormais majoritairement en couronnes, nous voulons qu’ils puissent se faire en transport collectif, c’est une question de développement durable et responsable », insiste Daniel Picard, maire de Beloeil.

Marilyn Nadeau, préfète de la MRC de La Vallée-du-Richelieu et mairesse de Saint-Jean-Baptiste, ajoute : « Des milliers d’usagers dépendent exclusivement du transport collectif; les automobilistes gagnent aussi lorsque la congestion routière diminue en même temps que la pression sur nos infrastructures routières. La mobilité, c’est une responsabilité régionale que nous devons partager avec le gouvernement provincial et nous attendons un plan d’investissement et de développement sérieux pour le transport collectif dans la Vallée-du-Richelieu. »

Un modèle de financement à revoir

Le financement du transport collectif constitue une préoccupation grandissante pour les municipalités. Depuis plusieurs années, les coûts progressent plus rapidement que les revenus, sous l’effet notamment de l’inflation, du vieillissement des infrastructures, de la croissance du transport adapté et des transformations importantes du réseau métropolitain, dont l’arrivée du REM. Les prises de position des mairesses et maires illustrent les limites du modèle actuel et les écarts qui peuvent exister entre les contributions demandées aux municipalités et les services effectivement offerts à leur population.

À quelques semaines du scrutin, les élus de la Vallée-du-Richelieu demandent aux candidats de la région de prendre des engagements clairs quant au financement, au maintien et au développement des services de transport collectif. Pour les municipalités, il s’agit d’un enjeu déterminant pour le développement économique, la compétitivité et la qualité de vie de la région.

 -Communiqué-


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